Plan de mangeoire à oiseaux : ce que ce guide contient
Une mangeoire achetée dure une saison. Une mangeoire construite dure des années, et elle coûte le prix d’une chute de planche.
Ce plan de construction décrit une mangeoire à plateau couvert, le modèle le plus polyvalent pour un jardin : il accueille aussi bien les mésanges que les moineaux, les verdiers ou le rouge-gorge, qui lui préfère de loin un plateau à une mangeoire suspendue. Toutes les cotes sont chiffrées, le matériel tient en une visite de magasin de bricolage, et la réalisation demande environ deux heures. Le plan complet se télécharge en PDF plus bas.
Plus bas, une variante en tube est décrite, à construire en dix minutes avec une bouteille en plastique. Elle rend service en attendant, ou pour multiplier les points de nourrissage. D’autres idées de récupération sont données en fin d’article.
Le matériel et les outils pour construire une mangeoire
Choisissez le bois avant tout pour sa résistance à l’humidité, puisque la mangeoire passera l’automne et l’hiver dehors.
Les matériaux :
- une planche de pin ou de sapin brut de 18 mm d’épaisseur, environ 1 mètre de long et 20 cm de large ;
- deux tasseaux carrés de 15 × 15 mm, environ 1 mètre au total ;
- deux tasseaux de 30 × 30 mm, 50 cm au total, pour les montants ;
- une vingtaine de vis à bois de 3,5 × 40 mm ;
- de la colle à bois classée D3, la seule qui tienne à l’humidité ;
- deux pitons à œil et une cordelette, ou un support à visser pour une pose sur pied.
Les outils : une scie égoïne ou une scie à onglet, une perceuse-visseuse, une mèche à bois de 6 mm, une mèche de 3 mm pour les avant-trous, du papier de verre grain 120, un mètre et un crayon.
Écartez le bois traité en autoclave : les produits de traitement ne sont pas faits pour être en contact avec de la nourriture. Une planche brute, poncée et laissée nue, fait très bien l’affaire. Une chute de palette convient aussi, à condition qu’elle porte le marquage HT, qui signale un traitement thermique et non chimique.
Plan coté : les dimensions de la mangeoire à plateau
Voici la liste de débit, c’est-à-dire toutes les pièces à découper avant de commencer l’assemblage. Ce plan est également disponible en PDF à télécharger, à imprimer et à emporter à l’atelier : le format papier évite de manipuler un écran avec les mains pleines de sciure.
- Plateau : 1 pièce de 300 × 200 mm dans la planche de 18 mm.
- Rebords longs : 2 pièces de 300 mm dans le tasseau de 15 × 15.
- Rebords courts : 2 pièces de 170 mm dans le même tasseau.
- Montants : 2 pièces de 220 mm dans le tasseau de 30 × 30.
- Pans de toit : 2 pièces de 340 × 160 mm dans la planche de 18 mm.
Télécharger le plan de mangeoire à oiseaux en PDF, 2 pages A4 avec la liste de débit et la vue cotée, prêtes à imprimer.
Notez que le toit déborde volontairement de 20 mm de chaque côté du plateau. Ce débord n’est pas décoratif : il protège les graines de la pluie battante, qui est la première cause de moisissure dans une mangeoire.
Les rebords laissent une ouverture de 15 mm entre le plateau et leur base sur les deux côtés courts. C’est par là que l’eau s’évacue, et c’est aussi ce qui permet de balayer les résidus d’un coup de brosse.
Les étapes de construction, une par une
Tout se fait dans l’ordre, chaque étape s’appuyant sur la précédente.
1. Le débit. Reportez les cotes au crayon sur la planche, puis sciez. Poncez chaque chant au grain 120 : une écharde sur un rebord suffit à blesser une patte.
2. Le drainage. Percez quatre trous de 6 mm dans le plateau, répartis en carré à 50 mm des bords. L’eau qui passe malgré le toit doit pouvoir partir.
3. Les rebords. Collez puis vissez les quatre tasseaux sur le pourtour du plateau, en respectant les ouvertures de 15 mm sur les côtés courts. Percez toujours un avant-trou de 3 mm : le tasseau fend sinon.
4. Les montants. Fixez les deux montants de 220 mm debout, centrés sur les rebords longs. Ils portent le toit et laissent tout le tour du plateau libre pour les oiseaux.
5. Le toit. Assemblez les deux pans en angle droit, l’un chevauchant l’autre par le chant, puis posez l’ensemble sur les montants. Collez, vissez, et vérifiez que l’eau s’écoule bien vers l’extérieur.
6. La finition. Laissez le bois nu ou passez une huile de lin, qui protège de l’humidité sans dégager de solvant. Aucune peinture à l’intérieur, aucun vernis à proximité des graines.
Si la mangeoire est destinée à être suspendue, vissez les deux pitons à œil au sommet des montants avant de poser le toit. C’est beaucoup plus simple à ce stade.
La variante en tube : une mangeoire à trémie en dix minutes
Cette version se construit avec une bouteille en plastique et deux cuillères en bois. Elle fonctionne en trémie : les graines descendent au fur et à mesure que les oiseaux se servent, ce qui constitue une petite réserve automatique.
Prenez une bouteille de 1,5 litre propre et sèche. Percez deux trous de 12 mm face à face, à 60 mm du fond, puis deux autres perpendiculaires 40 mm plus haut. Glissez une cuillère en bois dans chaque paire de trous, le manche ressortant de quelques centimètres d’un côté pour servir de perchoir, le creux de la cuillère à l’intérieur pour retenir les graines.
Agrandissez légèrement le trou côté creux de la cuillère : c’est par cette ouverture que les graines s’écoulent. Percez enfin le bouchon pour y passer une cordelette, et suspendez à une branche.
Cette variante en tube a un défaut à connaître : le plastique se fragilise au gel et aux ultraviolets. Comptez une saison, deux au mieux. Elle rend surtout service pour multiplier les points de nourrissage dans un grand jardin, ou pour faire construire quelque chose à un enfant.
Où installer la mangeoire dans le jardin
Une mangeoire mal placée reste vide, même remplie de bonnes graines.
La hauteur d’installation se situe entre 1,50 m et 2 m, hors d’atteinte des chats. Suspendue à une branche d’arbre ou d’arbuste, ou posée sur un support à pied, ce qui compte est le dégagement : les oiseaux doivent voir arriver le danger. Une mangeoire collée contre un mur ou noyée dans un massif dense sera boudée.
Prévoyez un abri à proximité, à deux ou trois mètres. Un arbuste, une haie, un petit arbre : les oiseaux mangent par allers-retours courts et ont besoin d’un refuge où filer. Cette distance est un compromis, assez près pour rassurer, assez loin pour qu’un chat embusqué ne bondisse pas.
Installée près d’une fenêtre, la mangeoire offre un poste d’observation appréciable, à condition de la placer soit à moins d’un mètre de la vitre, soit à plus de dix mètres. Entre les deux, les collisions sont fréquentes.
On met le nourrissage en place à l’entrée de l’automne, quand les ressources naturelles se raréfient. Une fois commencé, il vaut mieux le tenir jusqu’au printemps : les oiseaux intègrent la mangeoire dans leur tournée quotidienne et comptent dessus.
Quelles graines mettre dans la mangeoire
Le plateau accepte les mélanges généralistes, ce qui est son grand avantage sur les modèles à tube réservés aux petites graines.
Le Mélange de Graines pour Oiseaux du Ciel associe du millet en grappes, du blé et du tournesol. Cette composition couvre les régimes les plus courants du jardin : le tournesol pour les mésanges et les verdiers, le millet et le blé pour les moineaux, les pinsons et les tourterelles. Il est proposé en 2,5 kg et 4,5 kg, et produit en France, en Anjou.
Comptez le format de 4,5 kg pour à une saison de nourrissage sur une seule mangeoire. Conservez le sac au sec et à l’abri des rongeurs : une graine humide moisit vite, et une graine moisie rend les oiseaux malades.
Ce qu’il ne faut pas mettre dans une mangeoire est plus court à énumérer, mais tout aussi utile : pas de pain, qui gonfle dans le jabot sans nourrir, pas de restes salés, pas de lait. Le sujet du pain est développé dans notre article dédié.
Le mélange graines et insectes pour passer l'hiver
À la mauvaise saison, les insectes disparaissent et c'est précisément la ressource qui manque le plus aux oiseaux insectivores.
Le Mélange de Graines et Insectes pour Oiseaux du Ciel ajoute des insectes séchés et des protéines naturelles au socle de millet, blé et tournesol. Il élargit la table aux espèces qui ne se contentent pas de graines, rouge-gorge et troglodyte en tête, et il est lui aussi disponible en 2,5 kg et 4,5 kg, produit en Anjou.
Alterner est une bonne façon de procéder : le mélange de graines en garnissage de fond, le mélange aux insectes par-dessus lors des épisodes de gel, quand les besoins énergétiques grimpent d’un coup.
Les autres formes de nourrissage à prévoir autour de la mangeoire
Une mangeoire à plateau ne couvre pas tous les usages. Diversifier les points de nourrissage permet d’accueillir des espèces qui ne fréquentent pas les mêmes supports, et cela réduit la concurrence entre oiseaux.
En hiver, la boule de graisse reste le complément le plus utile. Suspendue à une branche ou à l’extrémité d’une tige métallique, elle apporte l’apport gras que les graines seules ne donnent pas. Préférez systématiquement les modèles sans filet plastique : les pattes s’y prennent, et c’est une cause de blessure fréquente.
Séchée et suspendue telle quelle, la tête de tournesol fait office de mangeoire naturelle : cette grande fleur se passe de tout montage. Les oiseaux y décortiquent les graines directement, ce qui les occupe longtemps et ne demande aucun entretien.
Côté récupération, un pot en terre cuite retourné et fixé sous une planche, ou une boîte de conserve propre percée et recouverte d’un petit toit, font des mangeoires de fortune tout à fait valables. Le principe reste le même : protéger de la pluie, permettre l’écoulement, laisser un perchoir.
Un dernier conseil de plantation, utile sur la durée : une haie vive d’arbustes à baies plantée à proximité prolonge la mangeoire toute l’année. Elle fournit le couvert, le refuge et une source de nourriture naturelle quand la mangeoire est vide.
Entretenir la mangeoire et la protéger de l’humidité
La mangeoire est un point de rassemblement, donc un point de contamination possible. L’entretien n’est pas un détail de confort.
Videz les restes et brossez le plateau une fois par semaine en période de nourrissage. Les fientes et les graines détrempées s’accumulent dans les angles, et c’est là que les maladies se transmettent d’un oiseau à l’autre.
Un nettoyage plus complet à l’eau chaude s’impose une fois par mois. Rincez abondamment, laissez sécher complètement avant de regarnir. Le bois doit être sec au toucher, sans quoi l’humidité résiduelle relance le cycle.
Contrôlez aussi la structure au fil des saisons : une vis qui prend du jeu, un pan de toit qui se déjette, une cordelette usée. Réparer prend cinq minutes, remplacer prend une après-midi. Pour la garnir, nos graines et accessoires pour oiseaux du ciel couvrent la saison entière.
Questions fréquentes sur la construction d’une mangeoire
Quelle taille pour une mangeoire à oiseaux ?
Un plateau de 300 × 200 mm accueille plusieurs oiseaux à la fois sans les entasser, tout en restant assez petit pour que les graines se consomment avant de s’abîmer. Un plateau plus grand n’attire pas plus d’oiseaux, il garde simplement des graines plus longtemps, ce qui n’est pas un avantage.
Quel bois utiliser pour une mangeoire ?
Du pin ou du sapin brut de 18 mm, non traité. Le bois autoclavé est à écarter à cause des produits de traitement. Une chute de palette marquée HT convient également, ce marquage indiquant un traitement à la chaleur.
Faut-il un perchoir sur une mangeoire à plateau ?
Non, les rebords en tiennent lieu : les oiseaux s’y posent naturellement avant de descendre sur le plateau. Le perchoir est nécessaire sur les modèles en tube, où il n’existe aucune autre prise.
À quelle hauteur installer la mangeoire ?
Entre 1,50 m et 2 m du sol, avec du dégagement autour et un abri végétal à deux ou trois mètres. Cette hauteur met les oiseaux hors de portée des chats tout en gardant la mangeoire accessible pour le remplissage et le nettoyage.
Quand commencer à remplir la mangeoire ?
À l’entrée de l’automne, quand les baies et les insectes se raréfient. Une fois le nourrissage installé, mieux vaut le poursuivre sans interruption jusqu’au printemps, les oiseaux ayant intégré ce point de ravitaillement dans leurs habitudes.
Une mangeoire en plastique est-elle aussi efficace qu'une mangeoire en bois ?
Les oiseaux ne font pas la différence. Le bois dure simplement beaucoup plus longtemps : le plastique se fragilise au gel et sous les ultraviolets, et casse généralement au bout d’une ou deux saisons.